mardi 27 février 2018 à 20h

LA BOMBE ET NOUS

Xavier-Marie BONNOT - documentaire France 2017 1h10mn -

SOIRÉE-DÉBAT : Comment en terminer avec les armes nucléaires
Organisée par les associations Négajoule !, Tchernoblaye et Abolition des armes nucléaires.
Projection suivie d'un débat avec Dominique Lalanne, président de Abolition des armes nucléaires, et Jean-Marc Louvet, président de Négajoule !
Achetez vos places à l'avance, à partir du Samedi 17 Février.

****
La Bombe et nous fait un point tout à fait opportun sur l'état de l'armement nucléaire en France et dans le monde pour nous rappeler que, décidément, le nucléaire militaire n'a rien à envier, point de vue emmerdes, à son frangin civil.

C'est ainsi que sont interrogés des généraux favorables au nucléaire, en compagnie d'Hubert Védrine, zélateur infatigable des années Mitterrand, mais aussi le général Forget qui n'est pas tendre pour une opinion publique souvent indifférente au problème alors que l'un de nos présidents, au moins, a reconnu après coup qu'il n'aurait jamais eu, et c'est heureux, la sottise d'appuyer sur le très gros bouton rouge évoqué par Trump.

Le général Koppel, qui largua sur ordre en 1973 une bombe nucléaire tactique à partir d'un Mirage IV sur le bien innocent atoll de Moruroa, ne décolère pas au vu des résultats obtenus tout en s'indignant rétroactivement des 400 000 morts d'Hiroshima et Nagasaki, polluées toutes deux au plutonium pour 6600 ans alors même que les pourparlers de reddition des Japonais étaient en cours...

Le film rappelle aussi une évidence : une catastrophe nucléaire pourrait être déclenchée suite à un acte fou, mais aussi à un accident, une fausse manœuvre, une mauvaise interprétation... Ainsi il y a quelques années, un satellite russe a assimilé la trace d'un simple rayon de soleil à un tir américain et il s'en est fallu d'un cheveu que la Russie riposte. Dans la seule année 2013, 153 incidents se sont produits et on se souvient de l'accident, en janvier 1967 à Polomares en Espagne, d'un bombardier s'écrasant au sol avec ses bombes nucléaires qui, fort heureusement, n'explosèrent pas...

Aujourd'hui, la Russie possède 7290 ogives nucléaires, les États Unis 7000, la France 300, la Chine 260, le Royaume Uni 215, le Pakistan, royaume des « fous de Dieu », 110, l'Inde 100, Israël 80 et on se demande bien comment et pourquoi ce petit pays riquiqui qui ne respecte aucune des résolutions de l'ONU et vient de donner le nom de Donald Trump à une des stations de métro de Jérusalem a pu se faufiler sans histoire au travers des mailles de la conscience universelle, sans faire un scandale au moins identique à celui de la Corée du Nord.

On se console en pensant que de nos jours, un seul des missiles expédié par un de ces sympathiques pays peut faire 80 fois plus de morts qu'Hiroshima et qu'un seul de nos sous-marin finement baptisé Redoutable est en capacité de détruire mille fois Hiroshima.

Mais, rassurons nous, chers spectateurs, les morts ne sont pas provoqués par les seules explosions, les essais pour parvenir à ces remarquables résultats sont également mortels, un médecin dans le film décrit les risques : leucémie, cancer de la thyroïde, maladies cardiovasculaires, malformations congénitales et autres joyeusetés...

On estime ainsi à 1,5 millions les victimes directes ou indirectes au Kazakhstan où ont été réalisés 456 essais soviétiques et on se souvient de ce débat à Utopia où deux soldats français durement éprouvés physiquement avaient assisté d'un peu trop près à des essais en Algérie sans se douter du danger.

Plus rigolo encore, comme son frangin du nucléaire civil, le nucléaire militaire est un gouffre financier. En France, 4 milliards d'euros par an sont consacrés à son entretien en bonne forme et nos officiers eux-mêmes se plaignent aujourd'hui que ce soit au détriment de l'armement classique.

Fines mouches, ces mauvais citoyens subodorent avec un semblant de raison que ce type d'armement ne peut pas servir à grand chose dans une guerre asymétrique, sauf à considérer qu'il ne faut vraiment pas faire de détails dans la lutte antiterroriste.

Ainsi, à l'échelle de la planète, tous pays nucléarisés confondus, soit nos neufs lascars, ce sont mille milliards qui seront consacrés dans les dix années à venir à l'entretien et à l'amélioration de l'arsenal nucléaire...

Source : message reçu le 11 février 12h

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présentation du documentaire de Xavier Marie BONNOT

Par Anonyme, le 11/02/2018 à 12:55

LA BOMBE ET NOUS

Xavier-Marie BONNOT - documentaire France 2017 1h10mn -

LA BOMBE ET NOUSLa Bombe et nous fait un point tout à fait opportun sur l'état de l'armement nucléaire en France et dans le monde pour nous rappeler que, décidément, le nucléaire militaire n'a rien à envier, point de vue emmerdes, à son frangin civil. C'est ainsi que sont interrogés des généraux favorables au nucléaire, en compagnie d'Hubert Védrine, zélateur infatigable des années Mitterrand, mais aussi le général Forget qui n'est pas tendre pour une opinion publique souvent indifférente au problème alors que l'un de nos présidents, au moins, a reconnu après coup qu'il n'aurait jamais eu, et c'est heureux, la sottise d'appuyer sur le très gros bouton rouge évoqué par Trump.

Le général Koppel, qui largua sur ordre en 1973 une bombe nucléaire tactique à partir d'un Mirage IV sur le bien innocent atoll de Moruroa, ne décolère pas au vu des résultats obtenus tout en s'indignant rétroactivement des 400 000 morts d'Hiroshima et Nagasaki, polluées toutes deux au plutonium pour 6600 ans alors même que les pourparlers de reddition des Japonais étaient en cours...
Le film rappelle aussi une évidence : une catastrophe nucléaire pourrait être déclenchée suite à un acte fou, mais aussi à un accident, une fausse manœuvre, une mauvaise interprétation... Ainsi il y a quelques années, un satellite russe a assimilé la trace d'un simple rayon de soleil à un tir américain et il s'en est fallu d'un cheveu que la Russie riposte. Dans la seule année 2013, 153 incidents se sont produits et on se souvient de l'accident, en janvier 1967 à Polomares en Espagne, d'un bombardier s'écrasant au sol avec ses bombes nucléaires qui, fort heureusement, n'explosèrent pas...

Aujourd'hui, la Russie possède 7290 ogives nucléaires, les États Unis 7000, la France 300, la Chine 260, le Royaume Uni 215, le Pakistan, royaume des « fous de Dieu », 110, l'Inde 100, Israël 80 et on se demande bien comment et pourquoi ce petit pays riquiqui qui ne respecte aucune des résolutions de l'ONU et vient de donner le nom de Donald Trump à une des stations de métro de Jérusalem a pu se faufiler sans histoire au travers des mailles de la conscience universelle, sans faire un scandale au moins identique à celui de la Corée du Nord. On se console en pensant que de nos jours, un seul des missiles expédié par un de ces sympathiques pays peut faire 80 fois plus de morts qu'Hiroshima et qu'un seul de nos sous-marin finement baptisé Redoutable est en capacité de détruire mille fois Hiroshima.
Mais, rassurons nous, chers spectateurs, les morts ne sont pas provoqués par les seules explosions, les essais pour parvenir à ces remarquables résultats sont également mortels, un médecin dans le film décrit les risques : leucémie, cancer de la thyroïde, maladies cardiovasculaires, malformations congénitales et autres joyeusetés... On estime ainsi à 1,5 millions les victimes directes ou indirectes au Kazakhstan où ont été réalisés 456 essais soviétiques et on se souvient de ce débat à Utopia où deux soldats français durement éprouvés physiquement avaient assisté d'un peu trop près à des essais en Algérie sans se douter du danger.

Plus rigolo encore, comme son frangin du nucléaire civil, le nucléaire militaire est un gouffre financier. En France, 4 milliards d'euros par an sont consacrés à son entretien en bonne forme et nos officiers eux-mêmes se plaignent aujourd'hui que ce soit au détriment de l'armement classique. Fines mouches, ces mauvais citoyens subodorent avec un semblant de raison que ce type d'armement ne peut pas servir à grand chose dans une guerre asymétrique, sauf à considérer qu'il ne faut vraiment pas faire de détails dans la lutte antiterroriste. Ainsi, à l'échelle de la planète, tous pays nucléarisés confondus, soit nos neufs lascars, ce sont mille milliards qui seront consacrés dans les dix années à venir à l'entretien et à l'amélioration de l'arsenal nucléaire...